Actualités / Cultures - mercredi 07 janvier 2015

Il court, il court le festival...

Je choisis le pays à l’honneur en fonction de l’actualité internationale”, commente Azzedine Soltani créateur du festival et directeur artistique.

Le focus sur la Tunisie est en rapport avec le printemps tunisien et, les élections tunisiennes qui viennent d’avoir lieu, permettent d’entrer dans une actualité encore plus brûlante.

Mais ce souci de coller à la réalité du moment n’occulte pas une des orien- tations majeures du festival qui est d’être ouvert aux réalisateurs de l’espace francophone. “Je tiens à souligner et mettre en parallèle le côté universel du cinéma et la francophonie”. Qui dit francophonie dit circulation de la culture française à travers l’utilisation de la langue et la rencontre entre des cultures qui en sont imprégnées. Azzedine va encore plus loin. “J’ai entendu dire que le printemps tunisien s’est inspiré du siècle des lumières et de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. J’associe aussi l’histoire à la francophonie parce qu’une majorité de Vaudais est issue d’anciennes colonies françaises”.

En cela, il rejoint l’opinion de Nadia Lakehal, adjointe déléguée à la Culture et à la Vie associative pour qui, “le festival francophone de Vaulx-en-Velin permet de délivrer un message positif surtout auprès des jeunes en mal de repères. Dans les quartiers populaires, le rapport à la France est parfois complexe et le fait de dire que dans d’autres pays le français est la seconde langue et que certaines personnes se passionnent pour cette langue est donc un atout”.

Créer le cinéma de demain

Ainsi les jalons sont posés : le festival du film court francophone remplit bien son rôle. A savoir, celui d’un événement culturel à rayonnement international dont la raison d’être est la diffusion d’une production cinématographique de qualité qui donne à réfléchir.

le court métrage permet de sortir des grands poncifs de la pensée unique qui caractérise trop souvent le cinéma dit commercial. “Avec le court métrage, on prend des risques, on innove, on fait le cinéma de demain”, commente Azzedine Soltani.

Son succès est d’autant plus gratifiant pour les organisateurs et tous les bénévoles qui y sont impliqués, petits et grands, qu’il œuvre à valoriser non seulement des réalisateurs audacieux et peu connus, mais aussi la ville. “Il véhicule une image positive de Vaulx- en-Velin et de ses habitants”, note l’adjointe.

Sans oublier que trois films programmés, hors compétition, ont été créés par des Vaudais. Un plus pour Nadia Lakehal qui rêve de voir encore plus de films de Vaudais pour les éditions futures. “Il faut encourager les talents locaux. J’espère que ce festival va permettre à d’autres de se lancer et va susciter des vocations. Même avec peu de moyens on peut créer à travers le court métrage”.

Le festival du court métrage francophone peut compter sur le soutien de la municipalité qui voit là “un événement incontournable d’autant plus méritant qu’il a su s’inscrire dans la durée”. Son impact est à plus forte raison important qu’il touche un grand nombre de spectateurs dont une majorité de scolaires. “Le festival prouve également que la culture n’est pas réservée à une élite, mais peut être accessible à tous”, conclut Nadia Lakehal.

Jeanne Paillard

Pratique : tout le programme du festival du film court francophone sur le site : www.unpoingcestcourt.com.

Cinéma les Amphis : 09 52 90 42 75.

 

3702 vues

Commentaires

Vaulx-en-Velin > Journal > Actualités > Cultures > Il court, il court le festival...