Actualités / Cultures - mardi 29 avril 2014

Maître Jacques est parti

C’était un artiste. Né en 1953, Jacques Billet a grandi à Vaulx, cité Jean Racine. A l’âge de 13 ans, le décès de sa mère l’a fortement éprouvé. Quelques années plus tard, sa sensibilité à fleur de peau a trouvé à s’exprimer via la peinture. Tout juste sorti des beaux-arts, au milieu des années 70, il a été embauché par la ville pour animer des ateliers d’arts plastiques – ateliers créés par Michel Malgrand – puis porter les projets de murs peints. Il a réalisé en premier lieu ceux du centre Daniel-Féry et de l’école Croizat.

La peinture était son univers mais loin de s’enfermer dans sa bulle, Jacques Billet avait le goût d’accompagner les autres vers la création. De nombreux Vaudais, enfants et adultes, regrettent le départ de celui qu’ils appelaient “maître Jacques” et dont ils appréciaient le talent et la grande gentillesse. Eliane Bailly, institutrice à la retraite a fréquenté durant près de trente ans l’atelier qu’il destinait aux enseignants de Vaulx-en-Velin, un véritable lieu ressource : “Ils nous a fait découvrir énormément de choses. Son approche était formidable. Qui plus est il avait de belles valeurs”. Lesquelles parlaient tout autant aux enfants. A l’école Neruda où il a réalisé plusieurs projets dont un mur peint avec toutes les classes en 2008-2009, “certains élèves le réclamaient il y a peu”, livre Eliane Bailly. D’autres plus âgés, se souviennent certainement des “objets roulants non identifiés” créés avec lui dans différents centres de loisirs pour, au final, participer à une course mémorable. Sans compter les élèves de Segpa et les enseignants du collège Barbusse qui ont souvent œuvré à ses côtés et assemblé des sculptures urbaines.

L’homme, plein d’idées, passionné, s’est démené pour valoriser la démarche créative des uns et des autres. Parfois il a exposé son propre travail, toujours avec beaucoup d’humilité. Il aimait la musique tsigane, le violon de son père, la culture manouche de son oncle. Il vivait et créait dans l’Ain, à Massieux, mais l’on peut dire “qu’il a fait son œuvre à Vaulx”, comme en témoigne Martine Annat, ancienne responsable des Arts plastiques qui a apprécié de travailler avec lui. “C’était un électron libre”, ajoute t-elle. Cela ne cadrait pas toujours avec la structure administrative et il a parfois souffert de l’incompréhension mutuelle. Mais restent les traces de sa juste valeur et de son engagement à Vaulx, auquel le maire Maurice Charrier rendait hommage en 1990: “Jacques Billet a réalisé un travail énorme dans de nombreux domaines”.

 Fabienne Machurat

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Commentaires

  • pascal.grayel, le 17/11/2017
    jacques etait mon prof il nous manque.
  • Franck Billet, le 21/11/2021
    Tout est dit, ce qui m'a beaucoup touché c'est le mot "figure" que le directeur d'art 2000 à employé pour décrire le talent de mon père.
    A quand une rétrospective sur Vaulx en Velin pour rendre hommage à cet artiste hors pair qui était mon père?

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