Archives / Journal N°51 - lundi 30 avril 2012

La Mission locale à l’heure du bilan

La souffrance des jeunes en situation d’exclusion a été mise en exergue, lors de l’assemblée générale de la Mission locale, le 26 avril. La référente santé, Elodie Marcoccia, a en effet tiré la sonnette d’alarme sur “le sort de jeunes femmes qui se retrouvent dans les salles d’attente des maternités, au milieu de femmes enceintes, alors qu’elles viennent pour une IVG (interruption volontaire de grossesse). C’est très éprouvant, elles sont déjà dans des situations compliquées. Nous rencontrons aussi des jeunes dont l’état de santé se dégrade car ils n’ont pas accès aux soins, beaucoup n’ont pas de sécurité sociale et certains dorment dans la rue”. En 2011, la Mission locale a accueilli 43 jeunes sans domicile fixe.

Bien que le taux de chômage soit élevé à Vaulx – plus de 20% contre 11% dans le Grand-Lyon – l’équipement fait face à une baisse des nouveaux inscrits. Ils étaient 869 en 2010 contre 700 en 2011, soit 169 de moins. Selon Marie-Jeanne Hochard, adjointe au maire déléguée à l’Insertion, la Formation, l’Emploi et la Jeunesse, cela peut en partie s’expliquer par “la présence sur la commune de l’Ecole de la deuxième chance et d’Ingeus qui propose des contrats d’autonomie”(1). En 2011, Ingeus a signé 256 de ces contrats à Vaulx. Autant de jeunes qui ne passent plus par la Mission locale. Et, précise-t-elle, “126 jeunes se sont présentés à la Mission locale sans s’inscrire. Il faut savoir que 20 % d’entre eux viennent juste pour maintenir du lien social”. Si, pour la première fois, la Mission locale a accueilli des diplômés de niveau master, l’effort des conseillers porte sur l’accès à l’alternance des jeunes qui manquent de réseaux.

En 2011, 2656 jeunes hommes et femmes sont venus à la Mission locale et 2499 ont été accompagnés. 681 ont accédé à l’emploi et 296 à une formation. La part des nouveaux inscrits est plus forte chez les 18/21 ans : 355 contre 231 âgés de 22 à 26ans et 14 de 16 à 17 ans. Enfin, côté finances, le rapport présenté par Didier Lhermann, le trésorier, laisse apparaître “un équilibre qui prouve que nous faisons très attention. Mais nous n’avons pas remplacé le personnel partant. Cela implique une surcharge de travail au détriment de la qualité de l’accueil”.

Une note d’espoir cependant est ressortie de ce bilan, grâce à l’intervention de deux jeunes vaudais venus témoigner sur l’aide apportée par la Mission locale et leur sortie de l’impasse. “Je suis arrivé d’Irak sans papier en 2009. J’ai été très bien accueilli par les conseillers. Aujourd’hui, j’ai des papiers, un CDI et un logement”, a relaté le premier. Amin, quant à lui, arrivé en France il y a 9 mois, s’est dit “heureux de représenter bientôt Vaulx-en-Velin à Paris dans le cadre de l’Ecole de la citoyenneté“ (2).

J.P

(1)Le contrat d'autonomie est un dispositif expérimental d’insertion professionnelle. Il a pour objectif d'accompagner 450 000 jeunes de quartiers prioritaires dans leur insertion durable sur le marché du travail. Sa mise en œuvre est confiée à des opérateurs de placement publics (Missions locales) ou privés (Ingeus).

(2)La fondation Dexia en partenariat avec le conseil national des Missions locales a créé l’Ecole de la citoyenneté qui forme chaque année pendant cinq jours une centaine de jeunes issus des zones urbaines dites sensibles.

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