Archives / Journal N°51 - lundi 30 avril 2012

Un diagnostic santé toujours alarmant

Le diagnostic de santé réalisé pour la Ville par l’Observatoire régional de la santé (ORS) en 2005-2006 pointait des éléments critiques : isolement, diabète, surpoids, obésité infantile... L’actualisation de ce diagnostic local, finalisée en novembre 2011, permet à la Ville de refaire le point sur les difficultés de santé et d’accès aux soins et les besoins de la population. “Les problématiques sont très liées à la précarité, souligne Marie-Andrée Marsteau, conseillère municipale déléguée à la Prévention santé. Avec elle, c’est non seulement la santé de la population qui se détériore mais aussi la qualité de vie et les relations entre les gens”. En regard de la situation de 2006, la pauvreté a continué de croître sur Vaulx-en-Velin. Un rapport de l’Insee (2010) indique que c’est la commune du Grand Lyon où tous les indicateurs de précarité (monétaire, emploi, difficultés familiales) atteignent leur valeur maximale. Et cet état de fait est un frein considérable à l’accès aux soins ou à la prévention. Le tableau est assez inquiétant quand certains soins et consultations demeurent inaccessibles à une partie de la population : dentisterie, ophtalmologie, gynécologie. Quand les bénéficiaires de la couverture maladie universelle et complémentaire (CMUc) et ceux qui ont une complémentaire santé basique accèdent difficilement aux spécialistes du fait des dépassements d’honoraires ou du refus du tiers payant. “Sans compter ceux qui n’ont pas de couverture sociale”, ajoute Marie-Andrée Marsteau.

Tandis que certaines problématiques perdurent : diabète, santé bucco dentaire, suivi gynécologique, isolement des personnes les plus pauvres et de certaines personnes âgées, notamment parmi la population maghrébine... De nouvelles inquiétudes surgissent : difficultés de langage et de communication des enfants et adolescents, lesquels rencontrent davantage de problèmes sévères en matière de santé mentale ; augmentation des allergies ; des pratiques en expansion comme la pose d’anneaux gastriques qui se développe au détriment d’une bonne pratique alimentaire ; un mal être grandissant ; de plus en plus de jeunes en situation de rupture familiale et d’errance... Dominique Vignon, président du Point accueil écoute jeunes (PEAJ) de Vaulx fait observer que “les demandes d’aide s’accroissent d’année en année au Lieu Ecoute et concernent des enfants de plus en plus jeunes et leurs familles. En 2013, on ne sait pas où l’on va”. Et souligne que “les résistances qui sont en œuvre sur la commune limitent les dégâts, apportent des compensations mais ne font pas le poids face au démantèlement du service public de santé”. Pour les enfants en souffrance psychique, il dénonce “des délais de prise en charge insupportables”. A ses yeux, “l’Observatoire régional de santé minimise la gravité de la situation”.

La pénurie de spécialistes, le manque de moyens des services de santé de l’Education nationale, le manque de moyens humains dans les centres médico-psychologiques (CMP) et particulièrement le CMP Enfants, reflet d’une politique nationale de la santé défaillante, se fait cruellement sentir. “Certaines évolutions viennent toutefois adoucir ce tableau plutôt sombre”, disent les observateurs de l’ORS. Et de lister parmi les ressources phares : la maternité de la clinique de l’Union, le Lieu écoute, le comité départemental d’hygiène sociale, les centre médico-psychologiques, le Planning familial de Villeurbanne, l’hôpital de jour du Vinatier, le centre Jean-Goulard (dispensaire général de Lyon) proposant un panel de spécialités non négligeable : pédiatrie, gynécologie et obstétrique, ophtalmologie, rhumatologie, endocrinologie (l’unique endocrinologue sur Vaulx et qui ne consulte que 2 jours par semaine), dermatologie, angiologie, ORL et un plateau technique élargi – radiologie, échographie, IRM. Il n’y a toutefois plus de cardiologue à Jean-Goulard, soit aucun sur la commune... Quant à la Maison médicale de garde de Décines, accueillant les patients en heure de nuit et les jours fériés, elle a reçu 999 Vaudais en 2010 – Vaulx arrive en 3e position en terme de fréquentation (16,2%) après Meyzieu (17,44%) et Décines (31,44%).

La commune dispose par ailleurs d’atouts majeurs : le partenariat entre les professionnels, plus fort qu’ailleurs, la mise en place de réseaux, avec notamment le Réseau vaudais santé à travers lequel les services publics, les professionnels libéraux, des associations échangent et mettent en œuvre des actions de prévention.

Fabienne Machurat

Bon à savoir

Comment changer de médecin traitant ?

Le patient est libre de changer de médecin traitant à tout moment. Il lui suffit pour cela de signer une nouvelle déclaration de choix du médecin traitant (formulaire communiqué par le nouveau médecin) et de l’envoyer à sa caisse de sécurité sociale. Il est également possible de récupérer son dossier médical pour le transmettre au nouveau généraliste. En faisant une demande par courrier à l’ancien médecin et en joignant une enveloppe timbrée à 250g, format A5 ou A4 avec l’adresse du patient.

Des ressources accessibles aux faibles revenus

Le centre Jean-Goulard (actes médicaux en secteur 1), le centre de planification et d’éducation familiale (CPEF), les centres médico-psychologiques (CMP), le cabinet dentaire qui accepte la CMUC, la maternité de la clinique de l’Union. Le comité départemental d’hygiène sociale (CDHS) – centre de vaccination pour les plus de 6 ans, dépistage du VIH, consultations en pneumologie et aide à l’arrêt du tabac – qui offre des consultations gratuites.

Point info diabète

Un endocrinologue et une diététicienne y tiennent une permanence d’une demi journée deux fois par mois afin de répondre aux questions des personnes sur les pathologies du diabète mais aussi sur la problématique du surpoids, sur l’alimentation, l’hérédité, le traitement... C’est un lieu d’écoute, d’information et de conseil. Les prises de rendez-vous pour un entretien sont assurées par le service municipal de la Santé au 04 72 04 80 33.

Suivi gynécologique

Trop de femmes demeurent sans suivi gynécologique et ne sont pas sensibilisées à la question de l’utilité des frottis. Or un tel suivi, réalisé par un spécialiste voire un médecin traitant peut permettre de dépister à temps certains cancers féminins. La clinique de l’Union offre la possibilité aux femmes d’être suivies sur le plan gynécologique, elle dispose également d’un service d’orthogénie qui reste peu connu de la population vaudaise. Où, contrairement au reste de l’agglomération, il n’y a pas de délai d’attente.

Accompagnement “psy” gratuit

Au Centre psychanalytique de consultation et de traitement (CPCT), 47 rue Montesquieu à Lyon 7e, des cliniciens psychiatres et psychologues proposent d’écouter, de traiter et d’orienter toute personne qui en exprime le souhait. Tous les publics sont accueillis à partir de 18 ans en quatre langues différentes (français, arabe, anglais, allemand). Consultations et traitements sont gratuits. La durée d’un traitement y est limitée à 4 mois (le centre n’assure ni urgence, ni traitements médicaux, ni obligation de soins).

Quelques chiffres..

- 58% des allocataires Caf de Vaulx-en-Velin vivent sous le seuil des bas revenus contre 15% pour le Grand Lyon.

- 15% de Vaudais touchent le RSA contre 5,2% de Rhodaniens.

- 21% des assurés sociaux vaudais du régime général de l’assurance maladie bénéficient de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUc), contre 9% pour le Grand Lyon.

- Le nombre de bénéficiaires de l’Allocation adulte handicapé (AAH) est en augmentation : + 13% sur la période 2002-2007 ; 683 personnes en 2007.

- 4,3% de la population était sous traitement antidiabétique en 2007-2008.

- Par an, on recense environ 220 personnes admises en affections de longue durée pour diabète (respectivement, pour les femmes et les hommes c’est 1,9 et 2,3 fois plus que pour les Rhodaniens).

- Les taux d’hospitalisation pour diabète sont près de 2 fois supérieurs à ceux du Rhône (732 Vaudais entre 2005 et 2009).

- Prévalence à l’obésité de 5% pour la tranche d’âge 3/4 ans sur la période 2005- 2009 (2,8% pour le Rhône).

- 9% des Vaudais sont sous traitement psychotropes, dont la moitié sous antidé-presseur (taux voisins de ceux du Rhône).

- Les assurés vaudais consultent peu les psychiatres libéraux : 3 fois moins que les Rhodaniens.

- 80 personnes par an entrent en affection longue durée (ALD) pour affections psychiatriques.

- 700 Vaudais sont hospitalisés pour troubles mentaux chaque année.

- 60 séjours hospitaliers font suite à une tentative de suicide chaque année.

- Près de 70 personnes sont hospitalisées sans leur consentement chaque année.

- La mortalité par suicide est plus forte pour les Vaudais que pour les Rhodaniens (taux 1,6 fois supérieur pour les hommes et 3,3 fois supérieur pour les femmes). En moyenne, 2 décès par suicide par an sur la période 2002-2008.

Ce que préconise l’ORS

Face à la prévalence du diabète sur la commune. Et face à une maladie banalisée, mal connue par nombre de Vaudais et qui néanmoins inquiète, l’Observatoire régional de la santé (ORS) réaffirme l’importance du Point info diabète. Et met en avant l’objectif de toucher davantage de diabétiques, l’idée d’accentuer la dimension lieu de parole et d’écoute à la fois sous forme individuelle et groupale et l’idée de développer des activités physiques (notamment la marche) en groupes, pour des diabétiques. Pour atténuer l’état de solitude associé à la précarité ou à la vieillesse, l’ORS pointe des besoins en termes d’offres de loisirs : plus diversifiées, comprenant notamment des ressources pour les personnes âgées immigrées. Les observateurs soulignent l’intérêt des opportunités festives et conviviales pour tous les Vaudais et pour des groupes particuliers. Autre piste de réflexion : la possibilité de créer un Conseil local de santé mentale, un réseau de partenaires axé sur les problématiques psychiatriques.

Prévenir le surpoids chez les tout-petits

Le service municipal Petite enfance organise une conférence sur la prévention du surpoids et de l’obésité chez les 0-3 ans, le mardi 22 mai de 19h à 21h salle Victor-Jara (esplanade Duclos). Une diététicienne du réseau Répop et un psychologue parleront de l’alimentation et des risques ou signes de surpoids qui se rencontrent surtout après trois ans, à l’entrée à l’école.

Retraités : une permanence de la Mutualité française du Rhône

La médiatrice santé de la Mutualité française du Rhône, assure tous les vendredis matin de 9h à 11h30, une permanence pour les retraités vaudais dans les locaux du service municipal des Retraités au 41, avenue Gabriel-Péri. De 9h à 10h, sur rendez-vous au 04 78 79 90 00 ou au 06 20 33 18 39. De 10h à 11h30, sans rendez-vous.

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