Portraits / JOURNAL N°72 - mardi 30 avril 2013

Albert Crozy, initiateur de la zone maraîchère au Village

NÉ en 1929 à Vaulx-en-Velin, il a construit sa vie ici en reprenant la ferme familiale et en s’impliquant dans la vie communale. Albert Crozy est une des mémoires vives de cette ville qui n’était encore qu’un village dans les années 50.

“Notre ferme, qui était auparavant celle de mon grand-père, était située avenue Paul-Marcellin. Nous y faisions de la polyculture, on cultivait les céréales, on avait des vaches et des chevaux. Les terres étaient inondables et je me souviens de ces jours de 1944 où il n’y avait qu’une route praticable pour venir à Vaulx. J’ai aussi vu une crue mémorable en juillet : nos gerbes de blé partaient à la Mulatière !” raconte-t-il.

Des années de guerre, Albert Crozy conserve bien des souvenirs, dont certains, les plus marquants, qu’il évoque: “Un jour, à midi, la milice est venue chez nous, pensant qu’on cachait des armes. Ils ont fait sortir les hommes dans la cour et nous ont mis en joue contre un mur. J’avais 14 ans, j’ai cru qu’on allait mourir, j’étais aux côtés de mon père, mon beau-frère et un de ses amis. Ce dernier a dit qu’il savait où étaient les armes et les miliciens sont partis avec lui”. Le mur est toujours là pour lui rappeler ce moment.

Plus réjouissante est l’évocation de l’obtention du certificat d’étude : “Mon père m’a acheté un vélo de course ! Mais à l’époque pour avoir des boyaux, il fallait faire partie d’un club. J’ai donc adhéré au Vélo club de Vaulx. j’ai été qualifié en 1944 pour participer à une course dans les environs de Paris. Nous étions quatre venus du Lyonnais, deux de Vaulx et deux du Stade auto lyonnais. Paris, ce fut toute une aventure !”.

Le jeune homme faisait du vélo en même temps qu’il aidait son père à la ferme. Mais la mort de celui-ci a changé la donne : “Il avait cinquante-six ans, j’en avais dix-neuf. J’ai dû reprendre l’exploitation tout seul”. Puis il y a eu l’armée, puis la guerre d’Algérie. De retour à Vaulx-en-Velin, il achète un tracteur. Les travaux des champs, bien que facilités par la machine, devaient être néanmoins menés avec l’aide d’un ou deux ouvriers agricoles. Parmi eux Nicolas, qui est resté quarante ans aux côtés d’Albert Crozy.

Celui-ci est devenu président du Syndicat agricole et a vaillamment œuvré à la création de la zone maraîchère. “Pour cela, il fallait faire un remembrement. Démarrée en 1979, la tâche a duré trois ans. C’était l’affaire de tous les agriculteurs et maraîchers concernés. C’était un travail immense que l’on a réalisé avec l’aide de la municipalité et de la Chambre d’agriculture. Au départ, il y avait des “anti”, mais chacun a finalement joué le jeu”.

Quand la zone maraîchère a commencé à se développer, il a fallu s’occuper de l’irrigation. Albert Crozy a alors passé la main à d’autres : “J’avais déjà fait pas mal de travail !” Et “pas mal jonglé” en effet, entre les activités de maraîchage et les réunions, et son engagement associatif : quand le foot a pris le relais du vélo, il présidait le FC Vaulx au début des années 80.

En 1984, année du dernier comice agricole à Vaulx, Albert Crozy a été décoré du mérite agricole par Michel Rocard, via la main de Jean Capiévic, le maire de l’époque. Aujourd’hui, à 84 ans, il continue d’aider son fils au maraîchage.

Fabienne Machurat

Des souvenirs, ce Vaudais de 84 ans en a plein la tête : ceux de sa jeunesse pendant l’occupation allemande, puis ceux de sa participation au vélo club ; ceux des fêtes agricoles, de la création de la zone maraîchère...

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Commentaires

  • Paccard Charles, le 10/07/2015
    Mon bon souvenir du Vaucluse ou je suis toujours de très prêt l'actualité du foot. Salut à toi et aux connaissances qui restent.

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