Portraits / JOURNAL N°77 - mardi 03 septembre 2013

Malek Medinagh, une main de fer dans un gant de velours

AU premier abord, on se demande où Malek Medinagh puise tant d’énergie. Elle parle d’une petite voix douce, elle a l’allure frêle, une chevelure de jais abondante et des yeux qui pétillent... Arrivée en France voilà seulement deux ans, cette jeune fille d’origine tunisienne a entamé le cycle du secondaire au lycée Doisneau. Elle aime et pratique à la fois le handball, la musculation, le rap, la danse, le slam... “et aussi lire du théâtre”. Elle dit parfois des choses du genre de celles qu’on met plutôt dans la bouche d’un adulte en pleine maturité : “J’aime aider les jeunes”, répète-t-elle à l’envi. Quand on lui demande comment elle compte s’y prendre, du haut de ses 17 printemps, la réponse est assurée : “Au sein de la Maison des lycéens, on va intégrer les élèves dans des activités diverses”. Et pour commencer, le bal ! Elle a réuni quelques sous, beaucoup de bonnes volontés et de compétences pour la décoration, le DJ, l’accueil des lycéens. Puis elle a négocié, ici ou là, et en avant la musique... “Tout s’est bien passé, et j’ai trouvé le temps de danser et de m’amuser moi aussi !” Rien ne semble arrêter Malek, toute jeune et fraîche présidente de la Maison des lycéens de Doisneau, dans son désir de faire de l’ancien foyer socio-éducatif un lieu où ses camarades vont venir échanger, mettre en place des projets ou simplement faire un baby-foot. Dans l’espoir, “le souci, dit-elle, de déstresser les jeunes”, elle a multiplié les contacts – avec Fedevo, association vaudaise de cultures urbaines, comme avec des clubs sportifs – dans l’idée de monter des animations et faire connaître des discipli- nes sportives. Le bureau de la Maison des lycéens sera renouvelé lors de cette rentrée scolaire. Les projets ne manquent pas, à commencer par celui d’une fresque dans la cafétéria : “Avec le bénéfice du bal (500 euros), on va acheter de la peinture, changer le mobilier de la salle...”.

Le talent d’organisatrice de Malek va s’épanouir au lycée Doisneau : “En Tunisie, les lycées sont souvent relégués dans les zones industrielles. Ici, il est en plein centre-ville, c’est magnifique ! Les jeunes vaudais ont bien de la chance de pouvoir s’exprimer et choisir les activités qui leur conviennent. Mais il y en a trop qui ne saisis- suent pas cette chance et je veux les aider à le faire”.

Françoise Kayser

Elle a lancé avec succès un premier bal des lycéens : 200 ont adhéré à la Maison des lycéens de Doisneau, l’association qu’elle préside du haut de ses 17 ans.

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