Portraits / JOURNAL N°78 - mardi 17 septembre 2013

Mouez Ayat, jusqu’à l’Elysée pour défendre son activité

“C’EST plus dur d’entreprendre quand on est issu de l’immigration”, soutient Mouez Ayat. Pour l’heure, son projet de création d’applications pour télé- phones mobiles peine à se concrétiser, faute de soutiens financiers et de relations. N’empêche que cet ingé- nieur, diplômé d’une école de commerce et de l’école des Ponts et chaussées, persévère.

Des raisons familiales l’ont conduit à quitter son emploi en région pari- sienne et à revenir à Décines. Il a vite aspiré à créer son activité dans le domaine des nouvelles technologies. Chômeur actif, il a conçu Ofollowme, une application pour mobiles – iPhone et autres smart- phones. C’est le premier réseau social qui permet de géolocaliser une personne en temps réel, avec son accord : un individu en danger peut l’activer en urgence...

Ce réseau fait aussi partager, entre amis, des points de rendez-vous, des points shopping, des points jobs. L’ingénieur a également mis en œuvre Tracking GPS (autre mode de géolocalisation) et Onews (agglo- mérat d’infos provenant de différents journaux, choisies à la carte). Ces applications sont dans l’air du temps : “En moins de quatre mois, il y a eu 5000 téléchargements d’Ofollow- me sur iPhone et Androïd”. Le créneau est assurément exploitable. Mais où trouver l’argent ? Les banques françaises financent difficilement l’activité immatérielle. L’établissement public Oséo ne soutient pas son projet. Et les investisseurs privés de type “anges gardiens des affaires” (business angels) ne sont pas prêts à mettre de leurs deniers. Parce que “je ne suis personne, fils de personne”, dit Mouez Ayat et que “ces applications, bien qu’innovantes en matière d’usage ne révolutionne rien sur le plan technologique”.

Dix minutes avec François Hollande

Mouez Ayat veut aboutir. Sa détermination l’a conduit en juin dernier à faire 500 km à pied et à vélo, pour rencontrer le président de la République. L’ancien karatéka du club de Vaulx-en-Velin s’est entraîné deux mois avant d’accomplir son périple. “J’ai relié Décines à Paris en neuf jours. Mon objectif était d’alerter François Hollande sur la difficulté d’entreprendre pour des jeunes issus de l’immigration et de quartiers difficiles”. Ce défi médiatisé était aussi le moyen de parler des applications qu’il a mises au point.

Au fil des étapes, il a fait son autopromotion. A l’arrivée, il comptait obtenir un coup de pouce et non des moindres, celui de François Hollande. Pour franchir un cap : avoir un carnet d’adresses, une aide afin d’obtenir les financements pour créer sa start-up. Le président lui a accordé dix minutes d’entretien et de l’espoir à la clé. “Au bout du compte, l’ouverture des réseaux pro- mise n’est pas top”. Mais Mouez Ayat a fait un sacré bout de chemin. Toujours aussi déterminé, il envisage de nouvelles pistes du côté des commerçants lyonnais. Et il est assurément un homme à suivre !

Fabienne Machurat

Il a fait 500 km à pied et à vélo pour gagner l’Elysée et obtenir un coup de pouce du président de la République, afin de développer son activité dans le domaine des applications pour mobiles. 

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Commentaires

  • mustapha , le 21/09/2013
    BRAVO voilà une initiative qui montre de quoi sont capable les jeunes issus de l'immigration ....Chapeau
  • Julie, le 21/09/2013
    Belle aventure, je me demande ce qu'à pu apporter oui oui à cet exploit ....car le pouvoir des politiques est tres limité surtout lorsqu'ils sont de gauche....dommage pour ce monsieur
  • lillyaut, le 11/03/2019
    c est mon oncle

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