Actualités / Société - mercredi 17 décembre 2014

Accessibilité : “Il reste beaucoup de travail à faire”

“IL Y A BEAUCOUP de boulot à faire pour rendre la ville accessible à l’ensemble des citoyens”, confie Eliane Da Costa, adjointe à la maire déléguée à l'égalité des droits pour les personnes en situation de handicap. alors que la loi du 1er février 2005 devrait être appliquée dès janvier 2015 (voir encadré), Vaulx-en-Velin est à la traîne en matière d’ac- cessibilité.

“Le problème, c’est qu’avec un fauteuil, pour aller d’un point A à un point B, on est forcé de faire le tour par les points C, D,E”, constate Dalila Benmeziane, dont le fils est polyhandicapé. Pour elle, la ville est un parcours du combattant : trottoirs hauts, pas de porte trop étroits, comptoirs d’accueil pas adaptés, absence de portes automatiques... Tout est soit “trop”, soit “pas assez”, soit même “pas du tout”. Quand elle se promène avec Abderrahmane, 19 ans, cette mère de famille est obligée de bien choisir son itinéraire. “Tout devient fastidieux, surtout au Village. A certains endroits, les trottoirs sont si étroits que je dois descendre sur la chaussée pour pousser le carrosse. C’est un cirque que je dois répéter un nombre de fois incalculable”, affirme-t-elle. Heureusement, dans les moments de galère, il y a toujours quelqu’un pour lui donner un coup de main.

“Tout devient fastidieux”

Une balade en leur compagnie dans les couloirs de l’Hôtel-de-ville et dans les rues de la commune, est l’occasion d’un constat : Vaulx peut mieux faire. le Planétarium, les bus ou le centre Charlie-Chaplin brillent par leur accessibilité, il n’en est pas de même pour tous les équipements publics. la Poste du centre-ville ferait figure de bon élève. les portes sont larges, les allées aussi. Seulement, les comptoirs sont très hauts et les personnes en fauteuil peuvent difficilement interagir avec leurs interlocuteurs. “Même les boîtes aux lettres ne sont pas vraiment accessibles”, ajoute Dalila Benmeziane. Si les salles du centre social du Grand-Vire sont spacieuses, l’accueil laisse un peu à désirer. “Je suis obligé de sortir de mon poste pour accueillir les personnes en fauteuil”, explique Sonia Hidoussi, la secrétaire.

Pour beaucoup, le plus gros travail en matière d’accessibilité, ce sont les structures à destination des enfants, que ce soit les écoles, les centres sociaux ou les centres de loisirs. “L’école Mistral, où est scolarisé mon fils, est en principe accessible. Mais lorsque l’ascenseur est en panne, tout se complique. C’est pareil pour les centres aérés. Trop peu sont habilités pour le moment. Une marche, ce n’est pas grand-chose, c’est pourtant une vraie barrière pour une personne en fauteuil. L’accessibilité est un combat”, estime aurélie Vignau, la mère de Quentin 6 ans, atteint de dipégie spastique. Pour elle, il est toujours difficile d’accepter que beaucoup d’endroits ne sont pas encore accessibles. “Parfois, on ne sait plus quoi dire à notre enfant ...”, ajoute-t-elle.

Rendre la ville moins périlleuse

l’accessibilité est une chose, l’autonomie, une autre. absence de marquage en braille dans les ascenseurs, de feux de signalisation sonores, de bandes podtactiles pour se repérer et le mobilier urbain inadéquat, rendent la ville dangereuse pour une personne malvoyante. “La piscine Jean-Gellet par exemple, est assez périlleuse. Il n’y a aucun repérage pour prévenir qu’on est au bord du bassin. C’est pareil dans les escaliers des écoles”, constate Rachida Teraoui, maman de Jade, 7 ans, petite fille non-voyante, scolarisée à l’école Grandclément. Il en va de même pour les sites internet municipaux qui ne sont pas compatibles avec les logiciels de synthèse vocale. Bref, comme le dit l’adjointe déléguée à la question : “Il y a du pain sur la planche”.

Maxence Knepper

 

Ce que dit la loi

la loi du 1er février 2005 avait fixé dix ans de délai pour rendre les lieux publics, les écoles, les habitations, les transports et la voirie accessible à toutes les personnes en situation de handicap. Selon la loi, tous les établissements recevant du public doivent être en mesure d’accueillir des personnes handicapées en 2015. Néanmoins, des délais supplémentaires pour se mettre aux normes sans encourir de sanctions sont possibles. la municipalité va mettre en place une commission consultative d’accessibilité et de sécurité pour les personnes handicapées afin de travailler à la question. Un label réaffirmant la volonté de la ville de favoriser l’accessibilité des personnes handicapées, sera bientôt mis en place.

Photo © Marion Parent

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