Portraits / JOURNAL N°110 - mardi 03 mars 2015

Laurence Carry, plus d’un tour dans ses sacs

ON PARLE de l’élégance discrète de la parisienne, cette femme active et intemporelle dont le look est scruté aux quatre coins de la planète. On parle moins de la lyonnaise et c’est un tort. Ni copie, ni ersatz, elle est à l’image de Laurence Carry, tornade blonde de 50 ans, et de ses sacs à main.

“Un peu surmenée”, avoue-t-elle, la créatrice qui a grandi à Bron a toujours un petit conseil pour accorder ses sacs aux tenues de ses clientes : “Celui-ci serait parfait avec une petite robe en lin!”. si elle reçoit dans son showroom de la place Bellecour à Lyon, un grand appartement haussmannien orné de photos de famille jaunies par le temps et de meubles design, Laurence Carry ne cache pas que l’aventure Lolo Chatenay a débuté à Vaulx-en-Velin. “Lorsque j’ai décidé de me lancer, c’est là qu’on m’a accueillie”, explique-t-elle. Sa société possède toujours ses entrepôts et son atelier d’assemblement dans la commune, et elle y tient !

“Une aventure magique”

Comme un félin, la femme d’affaire a eu plusieurs vies. De sa fenêtre qui surplombe la statue équestre de louis XIV, elle en égraine quelques unes. “Je ne viens pas du tout du milieu de la mode, mais je suis très attirée par la création, que ce soit d’entreprises ou d’accessoires”, confie cette mère de famille. après avoir travaillé dans la communication pour un cabinet d’au- dit international, elle rejoint le laboratoire que viennent de lancer son frère et sa belle sœur. “Tout était à faire et c’est ce qui m’a plu”, assure-t-elle. Lorsque son frère décède en 2000, elle n’a plus la force de continuer. L’envie de lancer son propre projet relance pourtant sa soif d’entreprendre. Et c’est dans la confection de maroquinerie qu’elle se retrouve. Un choix qui lui semble tout naturel tant elle est séduite par cet univers. “J’ai toujours fait des sacs. Petite, j’en confectionnais déjà pour ma sœur. Plus tard, lorsque ma fille participait aux galas de son école de commerce, je lui en fabriquais aussi. Et ça plaisait autant à ses amies qu’aux miennes.”

Des copines qui ont un rôle majeur dans le succès de sa marque. Laurence Carry les réunit autour d’une question : “Quels sont les problèmes de votre sac préféré?” les réponses fusent et une évidence lui apparaît alors ; les rendre amovible et personnalisable à l’infini, de la poignée au rabat, en passant par les ornements. la marque Lolo Chatenay a trouvé son créneau. De fil en aiguille, un prototype sous le bras, l’entrepreneure frappe à la porte de petits ateliers. “Sans eux, jamais le projet n’aurait pu se concrétiser”, souligne- t-elle, pleine de reconnaissance.

Le luxe à la vaudaise

Refusant d’utiliser des pièces du commerce, elle part de zéro, aidée de ces façonniers d’excellence dont certains ont prêté main forte aux plus célèbres maroquiniers. Dans une volonté de se démarquer, Laurence Carry recherche des matières nobles : fourrures d’oryflag, -“la Rolls du lapin”-, cuirs souples tannés au pays Basque, “les mêmes qu’utilisent les plus grandes maisons”, et pièces métalliques sur mesure. Le succès est immédiat, malgré des prix pouvant aller jusqu’à 1000 euros, “et même bien plus”. La qualité a un coût. Depuis sa première collection, en 2012, l’entreprise n’en fini plus de croître. “J’ai commencé toute seule et ma fille qui était dans la finance m’a rejoint voilà un an et demi.” L’esprit de création semble génétique chez les Carry. Outre une mère couturière et un père qui a fait les Beaux-arts, Laurence a un fils qui étudie à la prestigieuse Chambre syndicale de la Haute couture, à paris. Peut-être rejoindra-il la firme familiale, à moins qu’il ne rentre dans une grande maison de l’avenue Montaigne ou de la rue Cambon. De celles qui ont forgé l’image de la parisienne.

Maxence Knepper et Morgiane le Roux

Pratique : www.lolochatenay.com

Installée au Sud de Vaulx depuis trois ans, Laurence Carry confectionne des sacs haut de gamme. Parcours d’une créatrice hors du commun qui conjugue Vaulx-en-Velin avec luxe et fantaisie. 

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