Portraits / JOURNAL N°115 - mardi 19 mai 2015

Maurice Masson, les 400 coups à la Grappinière

“JE CONNAIS tellement ces murs que, même aveugle, je pourrais m’y déplacer sans problème”. Ces murs, ce sont ceux des immeubles qui entourent le square Noëlle-Grégoire, au cœur de la Grappinière, un quartier pour lequel Maurice Masson s’investit pleinement. pilier du conseil de quartier et de sa copropriété, habitant bien connu de ses voisins, c’est dans l’association des parents d’élèves de l’école Henri-Wallon puis au collège des Noirettes que le retraité de 64 ans, ancien employé d’une entreprise de mécanique générale de saint-Jean, a débuté son engagement citoyen, aux côtés de Marie-Louise Saby, Gérard Castaldi ou encore Didier Lerhmann. des décennies plus tard, il n’a pas levé le pied, fort d’une volonté de fer, d’une réelle envie de faire bouger les choses, et d’une grande satisfaction à voir la parole donnée aux habitants.

“J’ai besoin de rendre à la ville ce qu’elle m’a apporté”, plaide-t-il.Maurice Masson a toujours été Vaudais, ou presque. Avant d’emménager à la Grappinière, en 1962, c’est route de Vaulx qu’il a grandit, à quelques mètres de là, côté Villeurbanne. Il passait déjà tout son temps libre chez son oncle, au Petit-Pont.

Dans son salon, où trônent de grandes affiches rock’n’roll, les souvenirs ne manquent pas. Vieux clichés et archives familiales extirpés de ses chemises cartonnées, le grand-père se remémore les anciens voisins, la famille dont certains membres ont laissés des noms de rue, comme Louis Varignier, les bêtises qu’il a pu faire et “le garde champêtre qui courrait vite”. “Toutes ses conneries de jeunesse, ils les a faites ici”, souligne en effet Martine, son épouse, comme pour donner une raison de cavaler à ce garde champêtre.
Son quartier a une telle importance dans sa vie que lorsqu’il s’est marié, s’il a bien quitté le domicile parental, Maurice n’est pas parti bien loin : il a traversé le terrain vague pour s’établir dans l’immeuble face à celui de ses parents. Depuis, il n’a pas bougé. De ses fenêtres, il a vu le coin se métamorphoser. L’autoroute traverser les champs côté cuisine, le Mas du Taureau et ses hautes tours pousser côté salon. et surtout, depuis quelques temps, sa Grappinière en pleine mutation, changer de visage et la friche en bas de chez lui, dans lequel bien d’autres générations de gamins ont fait les 400 coups, devenir enfin un vrai square dans lequel il a plaisir à se promener.

Maxence Knepper

“Vaudais depuis toujours”, Maurice Masson s’investit dans la la vie de son quartier, la Grappinière. “Un coin magnifique” qu’il connaît comme sa poche.

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