Actualités / Cultures - jeudi 12 mars 2015 - (3 images)

La poésie dans tous ses éclats

“Que c’est beau”, lançait une spectatrice lors de la représentation du spectacle Po-ie-sis par la compagnie Tramaluna. Cette habitante de Vaulx-en-Velin, avant le spectacle, c’était immiscée discrètement, dans l’atelier animé par Barbie-tu-rik, slameuse de la Tribut du verbe. Un atelier ouvert à tous, petits et grands où jeux de mots et création de devinettes ont ponctué l’après-midi. Amina est venue avec ses deux enfants. Elle découvre un activité nouvelle pour elle et se réconcilie avec l’écriture : “Avant de venir en France, j’écrivais beaucoup, lorsque j’étais à l’université en Algérie. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le stylo”. Du coup, ses enfants en profitent aussi. Son fils Amine s’exerce à l’invention d’une devinette. Barbie-tu-rik se réjouit de voir ce mélange intergénérationnel et culturel : “C’est un privilège de venir animer un atelier dans un lieu comme celui-ci. C’est un moment de convivialité qui permet aux gens d’échanger, de se rencontrer”.

La rencontre avec la poésie, a lieu d’abord à travers l’écriture, puis plus tard dans la soirée, avec l’écoute des poétesses latino-américaines dont les paroles ont été portées par les danseurs de Tramaluna et la comédienne Samantha Barendson. L’heure est à l’insurrection poétique. Le mouvement, l’énergie créatrice portent les spectateurs vers les murs de la bibliothèque Chassine à la rencontre de Seyhmus Dagtekin, poète kurde né en Turquie, de langue française. Un homme habité par l’amour de son prochain et le désir de tracer sur le tableau noir de la vie, une note d’espoir. “Il faut se trouver des alliés sinon on se croit seul dans son coin. Chez les Turcs on dit, les grappes de raisin mûrissent en se regardant les unes les autres. C’est la bienveillance, le regard vers l’autre. J’ai la faiblesse de croire que la poésie et la parole peuvent servir”. S’il est un combat à mener, c’est celui de lutter contre “la vanité des commandements, de puissants qui engendrent leurs monstres et là seulement, la poésie trouvera sa place”, déclare ce poète dans l’attente “d’échange de lumières”. Et, si l’on en croit Jean Ferrat, qui s’est lui-même livré toute son existence à l’insurrection poétique, “le poète a toujours raison, qui voit plus loin que l’horizon et le futur est son royaume”. C’est de tout cela dont il a été question dans cette parenthèse poétique du 10 mars portée par l’association Dans tous les sens en partenariat avec l’espace Pandora.
Jeanne Paillard

Le 10 mars, au centre social Peyri et à la bibliothèque Chassine, la poésie a fleuri à l’occasion du Printemps des poètes. Déclamée, slamée, scandée, dansée, murmurée, elle a pris d’assaut le Sud pour se glisser dans la sensibilité et la mémoire des habitants.

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