Actualités / Cadre de vie - mardi 22 janvier 2013

Cannelle et piment se lance dans la vente à emporter

DES LOCAUX neufs et plus grands, des projets ambitieux... l’association Cannelle et piment prend un nouveau départ en 2013. Haïfa Hannachi, sa présidente, co-fondatrice et cuisinière, y voit l’occasion de recréer du lien avec les habitants. “Ce déménagement, c’était mon rêve, explique-t-elle dans la cuisine du 15 chemin Auguste-Renoir. On est passé de 75 à 195 mètres carrés. On prend des risques mais ça ne me fait pas peur, on a toujours avancé en prenant des risques”.

Petit retour en arrière. Fin des années 90 : des femmes du quartier de l’Ecoin- Thibaude se lancent dans la concep- tion de repas. Longtemps informel, le groupe de cuisinières du quartier est aujourd’hui une véritable petite entre- prise d’insertion. Du repas mensuel au centre social du Grand-Vire à la créa- tion de l’association, il n’y a eu qu’un pas, “franchi grâce à Chimène Séruzier qui a toujours cru en nous, nous a poussées à prendre des responsabilités et a tout fait pour qu’on réussisse”, lui rend hommage Haïfa Hannachi.
Nouvelle étape en 2001 : l’association est fiscalisée. De nouvelles règles s’imposent. Les cuisinières, aujourd’hui au nombre de quatre (Haïfa Hannachi, Zoulhika Zouïne, Karima Ould-Miloud, Naïma Iso-Shamoun), se sont formées et forment à leur tour. A l’exemple de Caroline, jeune fille d’origine cambodgienne, qui sera embauchée au printemps. “C’est important, la transmission, confie la présidente. Et puis on vieillit, c’est un métier fatiguant, il faut penser à la relève”. Une relève qu’elle envisage aussi au masculin pour la cuisine, comme pour les achats et la livraison qui sont toujours assurés par Joseph Ajil-Korri.
Ayant acquis son autonomie finan- cière depuis 2011, Cannelle et piment “s’est focalisé sur la sécurisation économique, la charge des salaires, explique le gestionnaire, Ludovic Picot. Les cuisinières veulent retrouver ce lien avec les habitants qu’on avait perdu, cela leur manque”. Elles veulent aussi toucher un nouveau public, reconquérir leur quartier. Pour mener ces projets à bien, il faut commencer par trouver des locaux plus grands qu’il sera possible de mettre aux normes sanitaires sans cesse plus exigeantes. “On a eu besoin d’une aide à l’investissement et nos partenaires nous ont suivis”, précise Ludovic Picot. Parmi lesquels la Ville pour 80 000 euros, la Région pour 60 000 euros, un prêt sans intérêt de 30 000 euros, un emprunt de 20 000, 66 400 euros de l’Opac du Rhône (qui répercute aussi un emprunt de 27 500 euros sur le loyer de l’association) et 80 000 euros d’autofinancement. Après quelques mois de travaux, Cannelle et piment est en mesure de lancer ses repas à emporter, à partir de cinq euros. Elle a entrepris d’obtenir l’agrément sanitaire, afin de pouvoir répondre aux appels d’offres des collectivités. Et elle a déposé un projet de pôle des métiers de bouche pour faire découvrir son activité à des personnes en insertion. Que de chemin parcouru... “Garder des locaux ici, à l’Ecoin- Thibaude, c’est un pari sur le quartier qui nous a vu naître, ajoute Haïfa Hannachi. On investit un immeuble du quartier dans une volonté de proximité”. Tout en restant la vitrine de la réussite et du savoir-faire vaudais que les cuisinières continuent de promouvoir à travers la France.

E.G

Pratique : Cannelle et piment, 15 chemin Auguste-Renoir (accès par l’avenue Dimitrov, face à l’Opac du Rhône). Traiteur et repas à emporter à partir de 5 euros. Tél. 04 78 82 02 07.

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